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Politique & Société

Forum > Politique & Société > Trisomie 21, dépistage et décision d'avortement

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Nørd Ike

18/03 (16:14)

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Membre

Artémis El Undril a écrit :

Les sources que j'avais passé et de mémoire, la première notamment dans le dernier temps, insistaient sur ce point. Mais merci de l'avoir souligné à nouveau.


___

Dans ce monde de loups,
j'ai préféré être un renard...

Notions d'Histoire :
~¤~ Come for the title, stay for the content.~¤~
~¤~ J'ai croisé l'agent Smith, je fais quoi ? ~¤~

Ærajès [*n]

18/03 (18:29)

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Capitaine Moldavie

Royaume de Ruthvénie

Domicile : Adalbograd

Lors de notre préparation au mariage religieux, les "staffeux" nous ont parlé de ce thème.
Ils considèrent que la Vie est un don de Dieu, et qu'il faudrait accepter ce don sous toutes ses formes.
Donc garder un enfant même s'il est handicapé, trisomique, whatever..

J'ai bien essayé de répondre que cela dépend fortement de la situation des parents (économique, argent, travail..) à l'arrivée de l'enfant,
et de leur désir.
Personnellement, je ne suis pas du tout prêt à passer ma vie avec un enfant trisomique, cela serait trop chronophage,
et me prendrait trop d'énergie. J'aurais même l'impression qu'il me gâche mes années.

Donc s'il y a un moyen d'éviter de subir des années, je préfère prendre l'option avortement.
Et ma compagne aussi.

C'est égoïste, mais on l'assume.

Emile Loir

18/03 (20:21)

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Membre

Ærajès [*r] a écrit :



C'est égoïste, mais on l'assume.


C'est égoïste de refuser d'élever un enfant dans des conditions qui ne lui sont pas favorables? [3)]

Si tu ne te sens pas prêt à élever un enfant handicapé, ça me semble au contraire nettement plus sage de l'avorter, plutôt que de se forcer à élever un enfant en étant malheureux et en le rendant malheureux aussi.

... Honnêtement de mon point de vue, c'est nettement plus égoïste de garder un enfant handicapé, qui aura des difficultés à s'insérer socialement (en plus, dans le cas de la trisomie, d'avoir une espérance de vie courte, je crois?), quand bien même on s'en occupe à la perfection, que de l'avorter.
Mais bon, si trier les gènes ça comporte des risques, et que des gens se sentent prêts à s'occuper d'enfants trisomiques, hein bon hein.

Nain Satiable

18/03 (21:13)

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Comte Ruthvenville

Royaume de Ruthvénie

Domicile : Ruthvenville

L'augmentation importante du niveau de vie a permis de rendre viable un grand nombre handicaps. Il n'est donc plus aussi facile de se reposer sur la "sélection naturelle" pour faire le tri entre une "bonne" et une "mauvaise" mutation.
Sachant que les mutations sont nécessaires à l'adaptabilité perpétuelle de la vie, en parcourant une multitude de branches possibles, là où même le système le plus complexe pourra toujours tomber dans une situation plus forte que lui.
C'est une preuve que la diversité permet de relever plus de défis qu'un pattern unique, aussi complexe soit-il.
En effet, il est immensément difficile, compte tenu de notre savoir très limité, de faire ce tri. Cependant, il faut remarquer également que la "sélection naturelle" peut également faire disparaitre des mutations qui pourraient être utiles dans certaines circonstances.

Pour le reste, la vision extrémiste d'une vie absolument supérieure à toute autre forme de valeur me semble être une vision des plus discutables. La vie est-elle vraiment catégoriquement plus importante que l'absence de souffrance importante, ou que la liberté? Cette vidéo traite de façon intéressante du sujet de l'avortement, d'ailleurs. La question qui est intéressante également, c'est la définition même de la vie.

___

"Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants,
Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,
Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter,
Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne,
Alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie."

Artémis El Undril

18/03 (21:20)

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Citoyen

Khanat Elmérien

Domicile : Confluence

Emile Loir a écrit :

Heuu par ce que tu sais si tu seras capable d'élever ton enfant? Tu sais que ton enfant n'aura pas de problème de santé? Non je veux bien comprendre que c'est rassurant de se dire que l'on aura pas d'enfant trisomique aujourd'hui car on peut les détecter. Mais faut pas non plus se la jouer ignorant en croyant qu'on peut pas avoir d'enfant handicapé.

Le problème du handicap n'est pas tant une question d'être en mesure individuellement de l'assumer en tant que parent, mais le fait que notre société le refuse et préfèrerait que les handicapés soient mort plutôt que vivant car c'est moins chiant à s'en occuper et ça coûte moins cher. Quel est la différence entre avorter 1 semaine avant terme et tuer un nourrisson 1 semaine après terme car on se rend compte après la naissance d'un handicap?

Mes propos son volontairement choquant et je pourrais aller plus loin vu la légèreté avec la quelle certains semble trouver cette question si facile et normale. Je peux comprendre qu'individuellement on ne soit pas près au handicap, je trouve par contre très choquant que socialement on soit incapable de gérer ça. La question n'est pas tant est ce que je préfèrerais avoir un enfant en santé ou pas, ce n'est pas une question, mais qu'est ce qu'on devrait faire (être en mesure de faire) face au handicap.

Nain Satiable

18/03 (21:27)

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Comte Ruthvenville

Royaume de Ruthvénie

Domicile : Ruthvenville

Artémis El Undril a écrit :

Je peux te poser une question donc. Les ressources étant trivialement limitées, as-tu un argument frappant pouvant expliquer de favoriser un enfant handicapé à plus d'un enfant sans handicap? En effet, il me semble évident que l'enfant handicapé demandera plus de ressources. Quand tu choisis de sauver quelqu'un, indirectement tu nuis à d'autres.
Alors oui, la question est plus complexe que cela. On peut se demander si on ne peut pas juste demander à un autre de faire un effort, sans y laisser la vie pour autant, en rognant sur son confort par exemple. Mais en fin de compte, cela revient à repousser l'échéance de cette même question, car tôt ou tard, il faut choisir une vie ou une autre. Un compromis me semble donc envisageable, mais vouloir sauver tout le monde me semble plus une utopie dangereuse qu'autre chose.

PS: Puis personnellement, je n'ai jamais été un grand fan de faire assumer aux autres ses propres choix. Quand c'est imprévu, par définition, ce n'est pas un choix, et donc il n'a pas à être assumé. Mais quand on est au courant, c'est une toute autre affaire.

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"Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants,
Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,
Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter,
Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne,
Alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie."

[ce message a été édité par Nain Satiable le 18/03 à 21:30]

Artémis El Undril

18/03 (21:44)

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Citoyen

Khanat Elmérien

Domicile : Confluence

Nain Satiable a écrit :

> Je peux te poser une question donc. Les ressources étant trivialement limitées, as-tu un argument
> frappant pouvant expliquer de favoriser un enfant handicapé à plus d'un enfant sans handicap?

Merci des questions, alors si on part sur des théories néo-malthusiennes du fait qu'il n'y a pas assez de ressources pour toute la planète, alors je dirais pourquoi ce serait plus les non handicapé que les handicapé qui auraient le droit à ces ressources, pourquoi pas les femmes, les hommes les noirs les blancs les roux les émasculés? Sinon on peut juste tous avoir une place en gérant mieux les ressources et dans ce cas la question du handicap n'est pas pertinente.

> En effet, il me semble évident que l'enfant handicapé demandera plus de ressources. Quand tu
> choisis de sauver quelqu'un, indirectement tu nuis à d'autres.

Je crois pas que l'handicapé demande plus de ressource, il demande plus de temps et de s'occuper différemment de lui.

> Alors oui, la question est plus complexe que cela. On peut se demander si on ne peut pas juste
> demander à un autre de faire un effort, sans y laisser la vie pour autant, en rognant sur son
> confort par exemple. Mais en fin de compte, cela revient à repousser l'échéance de cette même
> question, car tôt ou tard, il faut choisir une vie ou une autre. Un compromis me semble donc
> envisageable, mais vouloir sauver tout le monde me semble plus une utopie dangereuse qu'autre
> chose.

Donc on eugénise sur des choix purement arbitraires sans aucune raison morale derrière?

>
> PS: Puis personnellement, je n'ai jamais été un grand fan de faire assumer aux autres ses propres
> choix. Quand c'est imprévu, par définition, ce n'est pas un choix, et donc il n'a pas à être
> assumé. Mais quand on est au courant, c'est une toute autre affaire.

Se pose donc la fiabilité des tests, les risques inhérents aux tests, le choix de savoir ou de ne pas savoir, oui ça me semble beaucoup plus complexe [;)].
De plus sur le fait d'assumer ou de faire assumer ses propres choix, ne vivant pas dans un désert tes choix on une influence plus ou moins importante sur ton entourage plus ou moins direct, donc dans tout les cas quel que soit les choix que tu fais d'autre en assument une part non?

Panda[*n]

19/03 (01:59)

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Administrateur

Je pense qu'en tant qu'homme je n'ai qu'un avis très limité à donner sur une décision d'avortement quelle qu'elle soit.
La seule attitude qui me semble raisonnable c'est de respecter les choix qui sont pris.

Ce qui m'interpelle par contre, c'est l'absence de tout propos relatif aux faux positifs des tests susmentionnés.
Parce que pour le coup, c'est plutôt cocasse.

Jean Titouplin

19/03 (04:09)

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Membre

Panda a écrit :

Hum il n'y a pas a proprement parler de faux positif puisque les test te dit la probabilité qu'un fœtus soit atteins de la trisomie 21.
Donc c'est avec une proba (groupe dit a risque à partir de 1/250) que les parents se décide ou pas d'avorter.

Perso, je suis aussi très partagé sur la question. Mais le fait de pouvoir avorter de façon thérapeutique très tardivement, je trouve cela pas très sain.
Surtout avec les dépistage précoce actuel en France. On arrive maintenant avec des bébés préma vers 7 mois avec peu de séquelles quand même.
Mais bon le choix est tellement dur et surtout lourd de conséquence pour la suite de la vie...

On considère aussi souvent la trisomie 21 comme un handicape, et autant si il est lourd, l'enfant ne pourra jamais être autonome.
Mais la majorité peuvent se débrouiller et on voit bien qu'ils ont juste une autre manière de voir les choses. Une différence que beaucoup on du mal à accepter.
On est formater pour ne pas accepter les différences des autres aujourd'hui. Une société tournée vers l'individu, et pas sur l'acceptation des autres et de leurs différences quelques qu'elles soit.

Mais ça ce n'est que moi point de vue et c'est toujours plus facile a l'écrire qu'à le vivre.


Le World Community Grid, pour aider la recherche contre les maladies / Rejoindre la Team Kraland


[ce message a été édité par Jean Titouplin le 19/03 à 15:18]

Panda[*n]

19/03 (12:51)

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Administrateur

Jean Titouplin a écrit :

> Hum il n'y a pas a proprement parler de faux positif puisque les test te dise la probabilité

C'est une pirouette juridique ça pour placer la responsabilité de façon irréfragable sur les clients de ces tests.
Il y a des faux positifs sur la présence ou non dans les dis groupes, qui sont masquées par la variance intragroupe.

Après je crois me souvenir d'avoir discuté en 2009 avec une doctorante en philosophie qui travaillait en éthique sur ce sujet là très précisément.
Je vais essayer de trouver ça thèse - si elle l'a fini - à la BU de Bordeaux et le cas échéant vous balancer le lien wesh wesh.

___

Sauf une fois au chalet.

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