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Un[*b]curieux

07/07 (00:05)

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Membre

Arnold Schwartzenprout a écrit :

Tout ceci me semble quand même lunaire, mais "mettre en place une police de proximité" me semble trop flou pour que je puisse me prononcer sur l'utilité. S'il s'agit de conserver les structures actuelles et d'y adjoindre encore plus de flics et encore plus de moyens, alors je suis catégorique : c'est une grosse bêtise, et c'est explicitement affirmé dans l'interview de Ricordeau que j'avais citée : envisager des solutions qui commencent par augmenter le périmètre d'action ou les moyens de la police, ça va dans le mur.

À un moment, il faut bien envisager que le périmètre des missions policières n'est ni constant (il s'élargit depuis longtemps) ni issu d'une réflexion scientifique ou quoi que ce soit d'approchant. Les flics se retrouvent aujourd'hui en face de situations pour lesquelles ce sont les personnes les moins bien outillées, parce qu'on peut pas toujours régler les problèmes des gens en leur tapant dessus (j'exagère un peu : certains flics savent aussi déclamer des poncifs, ou faire preuve d'un vague instinct égoiste quand il s'agit de tricher avec leur connaissance du système).

Alors certes, il vaut mieux jouer au rugby avec des flics que se prendre un procès pour outrage quand il aura éteint sa webcam avant de t'injurier, mais qui pense sérieusement que ce sont les flics qui sont les bons interlocuteurs pour faire du sport ? Note d'ailleurs que quand tu écris qu'il faut du lien entre la population et les institutions, je suis entièrement d'accord : dans une optique où la police cesse d'être une institution, bien entendu que ce qui doit la remplacer doit être en lien avec la population. Je dirais même plus : il faut que ces institutions soient au service de la population, choisies par elle et leur rendant régulièrement des comptes.

> Ce que je veux dire par là, c'est qu'il n'y a pas de caractère exclusif entre une politique
> sociale qui entrerait en concurrence avec une politique "sécuritaire"

Bien sûr que si. La question est de savoir, quand tu rencontres une personne en détresse, si le numéro d'urgence que tu appelles fera débarquer une personne en arme ou pas. La probabilité varie entre 0 et 1, il y a bien une concurrence sur cet exemple, et on pourrait en trouver d'autres. J'ai utilisé plusieurs fois le terme "périmètre des missions", qui je trouve illustre bien ça.

Deux points rapides parce que je m'étire déjà en longueur :
[=o] Tu parles de communautarisme. Le communautarisme n'est absolument pas une mauvaise chose : son autre nom est "lien social" et c'est souhaitable que des personnes faisant partie d'une communauté s'y tournent pour organiser leurs vies collectives. Je t'invite à réfléchir à ce que toi tu mets derrière ce mot, par exemple en lisant ce chouette article.
[=o] Un point qui n'est pas négligeable avec la police de proximité (ou avec le développement des polices municipales, c'est la rupture d'égalité des citoyens devant les institutions. Pourquoi, en fonction de l'endroit où on vit, des gens vont-ils avoir des flics qui viendront les faire chier jusque sur un terrain de sport alors qu'à d'autres endroits, on peut vivre sans trop les croiser ? Quand on sait le temps et la pénibilité et le stress que cause la présence policière, on ne peut que penser que ce n'est pas sans conséquence sur la réussite matérielle des populations.

Arnold Schwartzenprout

07/07 (02:09)

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nombre messages : 7305

Membre

Un[*b]curieux a écrit :

>S'il s'agit de conserver les structures actuelles et d'y adjoindre encore plus de flics et encore plus de moyens

Non, il s'agit d'une réaffectation vers des formes plus pacifiées de relation population/police. Au final, cela permettrait même de faire diminuer le nombre de policiers (aka l'exemple britannique).
D'ailleurs, la police elle même ne semble pas demander plus d'effectifs, mais plus de moyens matériels et des revalorisations de salaire. Dans le projet de loi de finances 2019 pour les sécurités, le rapporteur spécial estime que l'augmentation des dépenses de personnel est même de nature à obérer la capacité opérationnelle des forces, ces créations de postes étant réalisées au détriment des dépenses d'investissement et de fonctionnement. Bon, ça n'a pas empêché de prévoir un plan de recrutement, Macron s'étant engagé sur 10 000 postes durant son quinquennat.
Et qu'a t'on vu en plein confinement ? Un appel d'offre d'un montant de 4 millions d'euros sur 4 ans pour l'achat de drones.

La France a pour l'instant un ratio policiers/habitant, plutôt dans la moyenne européenne. 1 policier pour 281 habitants. On ne peut pas dire que le pays soit fliqué à mort, même si on est loin devant le Royaume-Uni (1 policier/427 habitants) qui fait figure d'exemple (la Finlande a un ration encore plus faible, mais bon, la délinquance en Finlande...).

Pour parler de ton article de Ricordeau, je n'irai pas jusqu'à la forme extrême voulue par les abolitionnistes, parce que je trouve dangereux les alternatives, à savoir des espèces de milices communautaires. Autant je suis d'accord sur les alternatives au tout carcéral (d'ailleurs j'aime beaucoup l'approche de Christine Taubira, dommage qu'elle n'ait jamais eu les moyens de mettre en pratique sa vision), autant je ne crois pas à un démantèlement des polices pour confier ses tâches à des groupes privés.
J'avais personnellement été outré par le fait d'utiliser une société privée à Nice et Cannes, pour surveiller à l'aide de drones la population pendant le confinement, en relation avec la police. Idem pour les voitures radar privées. Faire entrer dans le périmètre des missions policières des sociétés privées motivées par le profit, ça me parait particulièrement dangereux.
Ils seront surement d'une efficacité redoutable, mais au final nous seront plus fliqués qu'avant, avec pour différence que ces flics seront des prestataires privés.


> Bien sûr que si. La question est de savoir, quand tu rencontres une personne en détresse, si
> le numéro d'urgence que tu appelles fera débarquer une personne en arme ou pas. La probabilité
> varie entre 0 et 1, il y a bien une concurrence sur cet exemple, et on pourrait en trouver
> d'autres. J'ai utilisé plusieurs fois le terme "périmètre des missions", qui je trouve
> illustre bien ça.

Je ne suis pas certain que nous parlions de la même chose. Est-ce que tu penses que cette concurrence est une concurrence budgétaire ?

> [=o] Tu parles de communautarisme. Le communautarisme n'est absolument pas une mauvaise chose
> : son autre nom est "lien social" et c'est souhaitable que des personnes faisant
> partie d'une communauté s'y tournent pour organiser leurs vies collectives. Je t'invite à réfléchir
> à ce que toi tu mets derrière ce mot, par exemple en lisant ce
> chouette article
.

Son autre nom serait plutôt "ségrégation sociale". Ton article est chouette en effet, mais si je partage une partie de l'analyse qui y est faite, je ne me sens pas concerné par l'emploi subversif du terme communautarisme. Pour moi cela fait plus appel à une façon d'entretenir une espèce de déterminisme social, un plafond de verre au dessus des communautés.
Après on peut dévier sur communautarisme vs intégration, mais c'est un tout autre débat. L'idée, en évoquant le communautarisme, c'était surtout de dire que chaque action d'administration a une conséquence sociale.

> [=o] Un point qui n'est pas négligeable avec la police de proximité (ou avec le développement
> des polices municipales, c'est la rupture d'égalité des citoyens devant les institutions. Pourquoi,
> en fonction de l'endroit où on vit, des gens vont-ils avoir des flics qui viendront les faire
> chier jusque sur un terrain de sport alors qu'à d'autres endroits, on peut vivre sans trop
> les croiser ? Quand on sait le temps et la pénibilité et le stress que cause la présence policière,
> on ne peut que penser que ce n'est pas sans conséquence sur la réussite matérielle des populations.

On en revient à la dernière phrase de ma précédente intervention, qui voulait dire que ce n'est pas parce qu'il y a eu un loupé, une mauvaise utilisation d'un moyen, qu'il faut le condamner, mais au contraire il faut en réajuster l'usage. Il faut réfléchir à cette relation police/population, et c'est ce qui fait défaut, pour des raisons de posture politique.
Je te propose un autre chouette article. Dès l'introduction, une phrase accroche le lecteur : "Dans ce remarquable article de synthèse, deux sociologues montrent que la capacité de la police à inspirer confiance est à la fois un gage de son acceptation et de son efficacité. A contrario, une police qui fait peur se prive de la participation des citoyens à la production de l’ordre social."


Je trouve que cette réflexion est vitale, même si elle est plus compliquée à avoir que celle, apparement facile, d'une abolition de la police.

___

Bug non reproductible. Pour la cinquième fois. [:=]
Intolérance zéro.
Le Benjamin Malaussène de KI. [:)]

[ce message a été édité par Arnold Schwartzenprout le 07/07 à 02:09]

Un[*b]curieux

07/07 (10:58)

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Membre

Arnold Schwartzenprout a écrit :

J'aimerais bien que tu expliques en quoi la position que je défends est facile. Si la position abolitionniste était si facile, il faudrait m'expliquer pourquoi personne ne la tient dans la sphère publique en France, et pourquoi, là où elle émerge, il s'agit systématiquement d'une position informée de terrain (par des chercheurs/euses, ou par des militant.e.s). Pourquoi il a fallu attendre 70 messages et mon intervention pour que quelqu'un la formule ? Je soupçonne d'ailleurs que tu n'avais - comme la plupart des intervenants ici - jamais lu cette idée auparavant. C'est d'ailleurs amusant que jusqu'à présent, les "sociologues" que tu cites ne se prononcent pas du tout sur l'hypothèse abolitionniste, de sorte que tu n'as pas vraiment donné le moindre argument contre. Cette hypothèse échappe à leur grille de pensée, rien ne permet d'affirmer qu'ils ont considéré sérieusement cette hypothèse.

> Non, il s'agit d'une réaffectation vers des formes plus pacifiées de relation population/police.

Vœu pieu. Je n'ai pas vu un seul truc concret à ce sujet chez les personnes que tu cites. Si c'est pour démanteler de temps en temps une CSI 93 en recalant ses agents à d'autres services où ils feront la même chose, tu comprendras que ça n'est pas satisfaisant.

En fait, plus généralement, dans un climat ultra-sécuritaire, toute proposition de créer des services par la police aboutira à son grossissement. Je trouve, pour rester poli, extrèmement farfelu d'aller discuter le bout de gras sur une potentielle police de proximité quand on sait que si elle était créée, ce ne serait pas à effectif constant dans le climat actuel (as-tu regardé la campagne des municipales ?), et que l'augmentation des forces de police est délétère (bien plus que ce que pourrait apporter l'avantage d'une police proche blabla, j'ai de toute façon déjà détaillé pourquoi ta vision fantasmée d'une police "de proximité" ne peut qu'échouer). Et contrairement à ce que tu dis, nous avons énormément de flics : la moyenne nationale ne dit pas grand chose quand j'explique que la concentration n'est pas uniforme, et touche certains quartiers en priorité (il faudrait aussi tenir compte de la discrétion, parce que c'est pas pareil d'avoir une brigade financière qui bosse dans des bureaux, ou d'avoir une BAC qui va faire chier les habitants au quotidien). Je renvoie encore une fois à Rigouste pour cette question.

Je mets en garde contre la facilité d'un homme de paille. Tu as écrit que tu n'étais pas abolitionniste parce que tu ne veux ni l'utilisation de société privées, ni l'apparition de milices locales (ou "communautaires" parce que tu continues manifestement à penser que ce mot devrait faire peur. Tant pis). Personne d'abolitionniste ne défend la création de milice, et personne non plus ne défend le recours aux société privées. Du point de vue abolitionniste, il n'y a pas une grosse différence entre un flic payé par l'état, par la commune, par tel ou tel ministère, ou par une société privée. Les abolitionnistes ont d'ailleurs assez largement étudié le passage de la sécurité au civil avec le déploiement massif des vigiles dans les lieux ouverts au public : comment peut-on penser que ce serait leur modèle de choix ?

> On en revient à la dernière phrase de ma précédente intervention, qui voulait dire que ce n'est
> pas parce qu'il y a eu un loupé, une mauvaise utilisation d'un moyen, qu'il faut le condamner,


[:f] la police est, sous toutes ses formes, un outil d'oppression et de renforcement du pouvoir contre la population qu'elle prétend défendre, il faut la démanteler.
[O)] oh mais non, il y a eu la police de proximité qui était cool, il faudrait la remettre.
[:f] la police de proximité n'était pas cool, c'était un truc horrible comme tout le reste pour plein de raisons.
[O)] oh mais c'est pas parce qu'il y a un petit problème avec la police de proximité qu'il faut tout jeter.

Est-ce que tu vois ce que tu viens d'essayer de faire ? Je n'ai pas particulièrement l'intention de me concentrer sur la police de proximité, mais si tu prétends qu'elle était cool, je continuerai à dire que :
- la saturation policière qu'elle engendre est un problème
- la police (de proximité ou non) n'est pas équipée pour résoudre les problèmes des gens
- le fait que des flics organisent des matchs sportifs avec des jeunes montre qu'il y a une grooosse pénurie d'équipement sportifs gratuits pour les jeunes. Plutôt que des flics, je suggère d'embaucher des coachs, c'est-à-dire "les bonnes personnes" pour ce service.
- si la police de proximité était si cool, je crois que les beaux quartiers en disposeraient. Force est de constater que ce n'est pas le cas, et que personne n'envisage de mettre une police de proximité dans le 16e arrondissement de Paris.

[ce message a été édité par Un[*b]curieux le 07/07 à 13:30]

Duyenka

07/07 (13:54)

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nombre messages : 1190

Commissaire de Police Secteur Restreint

Palladium

Domicile : Secteur Restreint

Je sais pas vraiment si Debout la France de Nicolas Dupont Aignan est considéré comment étant un groupe d’extrême droite.

On tente le coup, dans cette mini video on peut entendre ce qui se fait de pire en France.
Une justice qui ne fonctionne pas toujours surtout sur ces victimes auto-proclamées depuis un bon moment.

On en arrive où les "racailles" dirigent la France. Pas la peine d'aller chercher des excuses et autant assumer le fait qu'on veuille une France à feu et à sang. Sans flics ou alors des flics sans arme à feu, sans tonfa mais avec des paquets de bonbons pour les donner à ceux qui foutent le bordel dans les rues. Allez savoir, peut être que les "gens" seront amadoués par des bonbons et si ces gens ne sont toujours pas satisfaits les flics pourront se mettre en position de levrette pour calmer les voleurs d'auto-radio.

https://www.sudouest.fr/2020/06/12/fin-de-la-cle-d-etranglement-quelles-sont-les-techniques-d-interpellation-des-policiers-et-gendarmes-7560676-10407.php

C'est une très bonne idée de changer la clé d’étranglement par la position de levrette. Je pense que c'est assez doux.

[ce message a été édité par Duyenka le 07/07 à 13:54]

Un[*b]curieux

07/07 (14:06)

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Membre

Duyenka a écrit :

> Je sais pas vraiment si Debout la France de Nicolas Dupont Aignan est considéré comment étant
> un groupe d’extrême droite.


Dans le doute, peut-être aurais-tu dû t'abstenir ? Ses alliances européennes ne laissent aucun doute (si jamais tu en avais en l'écoutant).

> On tente le coup, dans cette mini video
> on peut entendre ce qui se fait de pire en France.


Effectivement, pour "ce qui se fait de pire en France", c'est pas mal : mensonge, exagération, déformation des faits… Un joli coup de Dupont Aignan. Est-ce que tu as vu tous les problèmes de cette vidéo toi aussi ?

> On en arrive où les "racailles" dirigent la France.

Je ne suis pas sûr que Dupont-Aignan mérite le terme de racaille, et il ne dirige pas non plus la France, inutile de s'alarmer. Plus sérieusement, personne ne veut une France "à feu et à sang", mais encore faudrait-il comprendre que ce n'est pas le rôle des flics de l'éviter. Et personne ne veut non plus que les flics distribuent des bonbons, c'est une initiative (particulièrement gênante à mon avis) à eux.
Somebody

07/07 (16:00)

nombre messages : 1

Visiteur

Désarmer la police non mais pourquoi porter une arme en permanence ? Pour moi le port d'arme est une preuve de manque de professionnalisme et d'échec.

Déjà, que ce soit dans le milieu policier ou le milieu tout court, les outils restent dans le coffre du véhicule de fonction et tu les sors qu'en cas de besoin aka en cas de gros échec dans ton entreprise, légale ou non. Donc si tu es un truand compétent ou un policier compétent, tu n'auras jamais besoin d'armes dans ta vie professionnelle il ne te reste donc plus qu'une raison : La protection.

En temps que truand ou policier, tu es confronté à la violence et créateur de violence, la seule différence étant que le policier exerce le monopole de la violence d'état, parfois qualifié de violence légitime. En effet, il semble logique pour un enfant, que le méchant voleur se fasse tirer dessus par le gentil policier, sauf que dans la vrai vie ouvrir le feu pour un délit de fuite c'est la pire des lâchetés et des saloperies avec le viol à mon sens, tirer sur un homme de dos qui fuis ? Quelle genre d'individus fait ça exactement ? Donc out les visions enfantine du problème et go dans la réalité : PERSONNE NE BRAQUE UN FLIC DANS CE PAYS et pas en raison de la peur de s'en prendre une par le policier qui dégainerait plus vite que toi nonnonon : En effet si il est tout à fait possible de buter un flic et de s'en tirer immédiatement, à long terme tu seras pris... Et puis se défendre de quoi ou qui exactement ? Tu es policier en patrouille et tu assistes à un braquage, tu fais quoi ? Tu fais le héros et tu sors du véhicule avec ton arme pour défourailler les méchants voleurs ? Non parce que la consigne c'est : "APPEL DU RENFORT", s'en suis une enquête rapide pour identifier les braqueurs, qui 9/10 sont des drogués et autres cassos incompétents qui utilisent un .22 LR acheté à l'armurerie locale. Donc en gros, ton flingue il sert juste à rien en temps que policier sinon à te faire tuer ou à te faire perdre ton taff en tirant bêtement.

De plus l'argument de la protection est particulièrement crétin vu les arsenaux illégaux existants en France, pays où l'ak 5.45 coûte facilement moins de 500eu neuve avec les muns, où il existe encore des stocks de RPG des années de plombs (coucou le FLNC) ainsi que des cal .50 et autres armes lourdes. Donc tu vas faire quoi ? On sur-arme la police ? On commence à remplacer les voitures de police par des transports de troupes blindés ? On déploie des char dans la roue ? Non parce que désolé mais quand on m'explique que dans cette cité, y'a un cal 50 qui traine et que ça risque de tirer si tu essayes de faire une grosse descente anti-stup et bien soit tu y vas en leclerc, soit tu y vas pas. OU ALORS, tu fais du travail de POLICE, une enquête et des arrestations INTELLIGENTES aka pas en zone de guerre.

Et on passera outre le fait que le principal fournisseur d'armes aux criminels reste l'état français via une loi trop permissive pour les armes de chasses et de petit calibres ainsi que par les vols et autres disparitions des arsenaux militaires.

Gérard Khan

07/07 (16:01)

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Citoyen

Confédération Libre

Domicile : Pourproville

Même sans rien connaître des idées de Dupont-Aignan, son ralliement à Marine Le Pen en 2017 aurait pu te mettre la puce à l'oreille sur son positionnement.

Somebody a écrit :

Et on passera outre le fait que le principal fournisseur d'armes aux criminels reste l'état français via une loi trop permissive pour les armes de chasses et de petit calibres ainsi que par les vols et autres disparitions des arsenaux militaires.


Source ? J'avais plutôt en mémoire les rapports de Tracfin et autres qui expliquent que la plupart des armes utilisées par le crime organisé viennent d'Europe de l'Est. Tu parles toi-même des AK qui circulent dans les cités.

[ce message a été édité par Gérard Khan le 07/07 à 16:08]

Un[*b]curieux

08/07 (14:27)

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Membre

Somebody a écrit :

> Désarmer la police non mais pourquoi porter une arme en permanence ? Pour moi le port d'arme
> est une preuve de manque de professionnalisme et d'échec.

Au bout d'un moment, si ce qui est proposé est d'avoir des flics sans arme, sans uniforme, qui ont une formation solide en droit et connaissances médico-sociales, qui vont intervenir sans avoir de mandat particulier auprès de populations en difficulté, et avec des moyens spécifiques pour les aider, alors autant les appeler des éducs spé, des infirmier.e.s, des assistant.e.s sociales/sociaux, et démanteler la police.

Arnold Schwartzenprout

08/07 (15:07)

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nombre messages : 7305

Membre

Un[*b]curieux a écrit :

> J'aimerais bien que tu expliques en quoi la position que je défends est facile.

Elle est facile car elle consiste à dire "la police, ça ne marche pas si bien, supprimons la". Ce raisonnement te semblerait peut-être complètement fou si on parlait de l'école, qui parce qu'elle a ses loupé elle aussi, devrait être supprimée pour être confiée aux communautés.

Concernant "mes" sociologues, ils n'ont pas été interrogés dans ces articles sur la question, ça ne veut pas dire qu'ils n'ont jamais réfléchis à la question. Mais justement, parlons sociologie. Cette discipline échafaude des théories, et on voit bien qu'elles ne vont pas consensus, selon ce que j'appelle les chapelles idéologiques des sociologues. "Tes" sociologues, comme les "miens", n'ont visiblement pas les mêmes idées. Du coup doit-on tirer au sort lesquels ont raison ? Ne serait-ce pas les tiens qui n'ont pas considérés avec sérieux la possibilité d'une autre police, en regardant de plus près les modèles qui fonctionnent le mieux ?


> Vœu pieu. Je n'ai pas vu un seul truc concret à ce sujet chez les personnes que tu cites. Si
> c'est pour démanteler de temps en temps une CSI 93 en recalant ses agents à d'autres services
> où ils feront la même chose, tu comprendras que ça n'est pas satisfaisant.

Ca ne te satisfait pas, ainsi que ceux qui sont de la même "chapelle" que toi, c'est différent. Et avancer tes opinions ne font pas de cela une démonstration indiscutable.
Après, pour être franc, je trouve qu'on a là un exemple typique des travers de la politique. On fait des annonces pour satisfaire un électorat, mais on ne règle rien, car l'idée n'est pas d'améliorer un système, mais d'être élu.

De toute façon, nous allons vers une société avec moins de flics, mais avec plus d'intelligence artificielle. Huaway, le géant chinois, nous montre bien à quoi va ressembler la sécurité de demain. La reconnaisse faciale dans les rue, ça semble issu d'un fils de science fiction, et pourtant on y va tout droit, avec pour exemple la Chine.

> [:f] la police est, sous toutes ses formes, un outil d'oppression et de renforcement du pouvoir
> contre la population qu'elle prétend défendre, il faut la démanteler.
....
> Est-ce que tu vois ce que tu viens d'essayer de faire ?

Tu viens d'annoncer le biais qui constitue ton idéologie. A partir de là, nous ne sommes plus dans la science, la sociologie, nous sommes dans une approche dogmatique.
Je ne cherche pas à te montrer que tu as tort, simplement que tu n'es pas objectif, animé par une pensée politique, comme tes sociologues, et que vous vous servez de la science pour essayer d'étayer vos théories.
Je rencontre ça très régulièrement : le détournement de la science pour travailler à charge et affirmer que des choses doivent aller dans le sens que veut le dogme de l'utilisateur.
Tout cela est très normal, on est tous influencé par une vision politique. Après, vient le moment de confronter ces théories à la réalité, et pas à petite échelle. C'est là que les choses se corsent.

___

Bug non reproductible. Pour la cinquième fois. [:=]
Intolérance zéro.
Le Benjamin Malaussène de KI. [:)]

Un[*b]curieux

09/07 (01:55)

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Membre

Arnold Schwartzenprout a écrit :

> Je ne cherche pas à te montrer que tu as tort, simplement que tu n'es pas objectif, animé par
> une pensée politique

Et dire que tu parlais de facilité… [0)]

J'aimerais bien, avant de répondre sur le reste, que tu parles un peu de cette "objectivité" à laquelle tu prétends et qui serait vraiment hors d'atteinte pour moi. Que les choses soient claires : dans un forum qui s'appelle « Politique et société », bien entendu que je défends des positions politiques, ou liées à la société. La science (qui n'est pas plus objective que toi ou moi, au passage, on a fait des progrès en épistémo depuis Popper) me sert d'outil, pour confronter mes convictions au réel (et les modifier si besoin), pas pour s'y substituer. Science sans conscience… (Rabelais est plus ancien que Popper, donc normalement c'est bon tu peux connaitre ?)

D'ailleurs, pour rester une seconde sur cette question de sciences, je ne vois pas ce qui te permet de penser que les sociologues que nous citons sont dans une « querelle de chapelle ». Je trouve en fait que tu manques singulièrement de recul : as-tu déjà étudié de la sociologie ? Ton dernier paragraphe semble signer que non. En fait, je ne pense pas que Mucchielli et Ricordeau seraient en gros désaccord sur ces questions, et rien de ce que j'ai lu ne permet de l'affirmer. Ils ne parlent par contre pas de la même chose, puisque Mucchielli ne travaille pas sur la question de l'abolition de la police, alors que Ricordeau si. L'argument de symétrie que tu essayes d'employer ne tient ici pas la route, parce qu'on peut travailler sur la réforme d'une institution sans se poser la question de sa suppression, alors qu'on ne peut pas travailler sur la suppression d'une institution sans se poser la question de sa réformabilité. Si tu avais lu l'interview de Ricordeau, tu aurais vu qu'elle détaille beaucoup de choses au sujet de la réformabilité de la police, alors que Mucchielli, encore une fois, n'envisage même pas sa suppression (c'est pénible de me répéter, c'était exactement ce que je disais dans le message précédent).

Ton dernier paragraphe est du coup du dernier ridicule : tu penses que mon inclinaison à gauche était un secret ? Ça ne rend pas moins vrai mon affirmation, que je veux bien recopier : « la police est, sous toutes ses formes, un outil d'oppression et de renforcement du pouvoir contre la population qu'elle prétend défendre, il faut la démanteler. ». Et, histoire d'être clair, il s'agit bien d'une affirmation étayée par les faits scientifiques, et par une connaissance des travaux d'histoire, d'anthropologie, de sociologie, d'économie sur la question. Cette affirmation est en cohérence avec ces travaux, mais c'est bien moi et mes convictions politiques qui l'avons écrite.

[ce message a été édité par Un[*b]curieux le 09/07 à 10:24]

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